samedi 31 octobre 2009
Samedi 31 Octobre
vendredi 30 octobre 2009
Vendredi 30 octobre
Alléluia ! Dernier jour de formation ! Je m'assois à une des dernières places du fond, heureux que cette torture prenne finalement fin aujourd'hui. Cédric, comme à son habitude, arrive en retard de quelques minutes, ne s'excuse pas, et s'installe à la table à côté de moi. C'est ma chance, j'entame rapidement la conversation :
"Heureusement que c'est le dernier jour ! Je n'en peux plus de toutes ces diapos, ces croquis de programme, de tous ces geeks autour de moi !".
"Oui c'est totalement inutile. Surtout que je suis capable de vendre ces trucs sans savoir comment ça marche. Cela s'appelle le bagou".
Ou la modestie, chacun son opinion. Je lui réponds :
"oui, tu as totalement raison. Au fait, c'est toi qui rejoint mon secteur de vente ?". Il me prend de haut, me regarde comme si j'étais un mendiant venu demander l'aumone et me dit : "Si tu appartiens au seul secteur qui ne réalise pas ses objectifs, alors oui. J'ai été nommé pour changer la donne. Ma mission sera de faire remonter la pente. Et il y a du travail ! Mon prédécesseur n'avait aucun talent, ses techniques de vente et sa façon de manager datent de la préhistoire".
J'aimais bien mon ancien chef : il était plus tout jeune, certes, mais il avait une aura, du charisme et surtout il était respecté, je ne suis pas sur que Cédric le sera. Son téléphone sonne, la musique techno électro dance résonne et se propage dans toute la salle, Cédric prend son temps pour regarder sur l'écran de son iPhone qui l'appelle et sans même attendre d'être sorti de la salle, répond bruyamment : "Ouais, ça va ? je suis toujours à cette formation de merde, putain je perds mon temps. Sérieux, quelle merde "Tout le monde le regarde, ébahis ou choqués par son irrévérence : ce petit con est, pour la plupart des gens ici, notre futur boss. J'ai un désagréable pressentiment, celui que mon envie d'être épanoui au travail restera au stade d'utopie tant que je resterai dans cette entreprise.
jeudi 29 octobre 2009
Jeudi 29 Octobre
mardi 27 octobre 2009
Mercredi 28 Octobre
Mardi 27 Octobre
Je racontais à Eric mon week-end, et mon rencart avec Clara. Il m'écoutait religieusement, intéressé par la tournure que ce rendez-vous avait pris.
Moi : "Et puis à la fin, dimanche matin, je me suis barré de chez elle, sans rien lui dire."
Eric : "Elle te plaisait pas ?"
M : "Non, elle était très jolie !"
E : "Elle t'a saoulé toute la soirée, elle est conne ?"
M : "Non plus. Ca s'est très bien passé, elle m'a même fait rire."
E : "C'était un mauvais coup alors ?"
M : "Non, pas vraiment."
E : "Elle ronflait ?"
M : "Euh ... non".
E : "Elle puait, elle avait les dents pourries, elle louchait, elle t'a parlé de Jésus et de ses potes, de mariage, des animaux, du prénom de ses futurs enfants, de tous ses ex, de ses règles ?"
M : "Rien de tout ça."
E : "Mais pourquoi tu l'as envoyée chier alors ? Je comprends pas. "
M : "J'ai envie d'être en couple, mais pas tout de suite, dans quelques années. Je ne cherche pas la fille parfaite, c'est juste que j'ai envie de m'amuser."
"C'est à dire ? Tu comptes t'amuser jusqu'à quand ?"
M : "Jusqu'à que je devienne grand, jusqu'à ce que je sois lassé ... Tu me fais chier j'en sais rien ! Pour l'instant, ça me plait d'être célibataire, de faire ce que je veux quand je veux, de mater des culs sans avoir mauvaise conscience."
E : "...". Eric soupire pendant plusieurs secondes.
M : "Oui ?"
E : "Non, c'est juste que tu n'as pas conscience de la chance que tu as, de pouvoir te dire : "bon de toute façon, je m'en trouverais une autre dans pas longtemps pourquoi rester avec elle, elle me cassera forcément les couilles un jour au l'autre".
M : "Oui, c'est le principe."
E : "Elle est bien, mais sa copine aussi est canon, la fille du bureau me fait craquer, la soeur de ce pote me fait rêver ... je les veux toutes, avant que ça ne soit trop tard."
M : "Et alors ?"
E : "Alors ? On a pas tous la chance d'être né beau gosse. Moi, de mon côté, tout ce que je souhaite, c'est d'en trouver une qui veut bien de moi. Et si une fille m'invite à dormir chez elle, ne t'inquiète pas que je me barrerai pas comme un voleur. Au contraire, je lui apporterais le petit-déjeuner au lit et je lui dirais : "s'il te plait, ne me laisse jamais partir de chez toi, je ferais tout pour te rendre heureuse"."
Quelques minutes plus tard, je raccrochais, la boule au ventre. Que les filles me trouvent mignons, qu'elles me traitent de salops, ça me fait ni chaud ni froid. Mais qu'Eric me fasse la morale, ça ne me laisse pas indifférent.
lundi 26 octobre 2009
Lundi 26 Octobre
dimanche 25 octobre 2009
Dimanche 25 Octobre
Hier, debout devant le bar, j'examinais les passants et ainsi découvrir qui serait donc mon rencart mystère. "Pourvu que cela ne soit pas cette fille gothique, à la peau couleur aspirine. Par contre, cette petite brune qui s'approche vers moi, je lui caresserais bien les fesses", pensais-je. Plus cette dernière s'approchait, et plus elle me disait quelque chose. Sa démarche ne m'était pas inconnue, son visage devenait familier à chaque pas qu'elle faisait. Ses yeux étaient du déjà-vu, ces seins du déjà-peloté.
"Salut Stéphane, ça va depuis le temps ?"
"Ah salut Clara ! Je ne m'attendais pas à te voir ... aussi ... aussi ... belle".
Elle riait, son sourire n'était pas forcé, ses dents blanches étaient si brillantes que toutes les lumières de la rue donnaient l'impression de s'y refléter. Ses yeux étaient toujours aussi noirs, sa silhouette avait gardé toute sa finesse, sa fine cicatrice au-dessus de sa joue droite, aussi sexy qu'un grain de beauté, était toujours là, comme pour prouver que le temps n'avait eu aucun effet sur ce qu'il me plaisait physiquement chez elle. Nous nous sommes rencontrés la première fois à nos dix-neuf ans, dans une soirée entre nouveaux étudiants à Rennes. A cette époque, je ne me saoulais pas à chaque fois que j'en avais l'occasion, je restais sobre en soirée et obsédé par l'idée de baiser avec une fille. J' y ai rencontré Clara, on s'est retrouvé assis, par hasard, l'un à côté de l'autre. Elle a parlé la première : "tu connais quelqu'un ici ?". Deux jours plus tard, j'ai fait avec elle l'amour pour la troisième fois de ma vie. Pour Clara, étonnamment, ce fut sa première. Notre histoire n'a pas marché, ou plutôt, je ne voulais pas d'une relation sérieuse, enfin, pas tout de suite. On s'est séparé au bout d'un mois, et on s'est retrouvé plusieurs fois pour un coup d'un soir (elle a été ma première fucking friend), on s'est perdu de nouveau quand elle a changé d'école, il y a plus d'un an. Et là voilà qui réapparait, quand je m'y attendais le moins. Deux heures plus tard, dans l'ascenseur qui menait à son appartement, je lui sussurais dans l'oreille : "j'ai envie de toi.". Visiblement, si l'on suit la trajectoire de sa main droite, elle aussi.
Je me suis réveillé dans son lit ce matin, vers neuf heures : elle dormait profondément, je n'ai pas voulu la réveiller. Habillé comme hier, je suis sorti sans l'embrasser sur la nuque, sans lui laisser un petit mot collé sur le frigo, et tout ça sans aucun remord. Dans ma tête, j'ai toujours dix-neuf ans.
samedi 24 octobre 2009
Samedi 24 Octobre
J'en arrive à la conclusion, par une étude grammaticale du texto, que l'auteur de ce message est probablement Anna : la même manière d'écrire, les smileys souriants ponctuant chaque fin de phrase, l'absence de fautes d'orthographe. Quel con d'avoir supprimé son numéro ! En espérant fortement que cela soit elle, je lui réponds : "bien sur, on peut se voir dès ce soir si tu veux, je n'ai rien de prévu !".Cinq minutes plus tard, elle me répond par un simple "OUI", en lettres majuscules, suivi de l'adresse d'un bar dans le XIème arrondissement. La soirée s'annonce bonne et intense, je croise les doigts pour ne pas avoir donné rendez-vous à un boudin infame.
vendredi 23 octobre 2009
Vendredi 23 Octobre
"Si je n'avais de copain, je te ferais l'amour avec toi sur le champ".
"Tu me plais tellement ... mais je ne peux pas me débarrasser de mon mec comme ça. Donne moi du temps".
"J'ai envie de le quitter pour toi." "Et bien quitte le !" "Ce n'est pas si facile". "Si. Il suffit de l'appeler, lui dire que c'est fini, lui raccrocher au nez, m'embrasser".
Chères demoiselles que j'ai tellement désiré, je n'ai pas la prétention de dire que je serai un meilleur petit ami. Mais votre peur de changer, de quitter votre relation confortable et linéaire, dans laquelle vous n'êtes pas forcément épanouies, me chagrine profondément. Eric vous conseillerait de foncer, de tenter l'inconnu, de prendre ce risque, il vous dirait qu'on ne vit qu'une fois, carpe diem, demain ce sera bien, vous réciterait d'autres proverbes débiles dont il a le secret. Mais pour une fois, je le rejoins dans sa pensée : j'aurais tout tenté pour que vous me donniez ma chance, je n'aurais pas de regrets. Ce ne sera peut-être pas votre cas.
jeudi 22 octobre 2009
Jeudi 22 Octobre
mercredi 21 octobre 2009
Mercredi 21 Octobre
Nous nous appelons, Eric et moi, chaque semaine : Je lui raconte mes problèmes, il tente de les résoudre.
"Quoi de neuf mon pote ?"
"Pas grand chose. Je suis en formation, c'est pas vraiment intéressant ..."
"C'est quoi une formation ?"
"C'est comme à l'école, t'as un gars qui te sort des trucs qui t'intéressent pas, alors tu dessines sur ta feuille en attendant que ça se passe."
"Tu es obligé d'y aller ?"
"Ouais. Vivement que ça se termine ... c'est pire que les cours d'éducation civique au collège avec Madame Trinquant ! "
Il rit. "C'est un peu à cause d'elle si j'ai arrêté l'école en seconde ! "
Eric prend une pause avant de se lancer dans sa prose philosophique.
"Enfin, tu sais ... je vais encore te le répéter, mais voilà, je te le dis quand même: te prends pas la tête, car de toute façon, demain, ce sera bien".
"Ah, enfin, la voilà, je me demandais quand tu allais me le dire. Tu ne t'en lasseras jamais, non ?"
"Ben non. Jamais !"
Combien de fois j'ai entendu cette phrase de la bouche d'Eric. Des centaines, des milliers, peut-être. "Demain, ce sera bien", c'est sa réplique fétiche, son gimmick, sa formule magique pour guérir de toutes les blessures morales. Sa philosophie est assez simple : la vie est trop courte, pourquoi prendre le temps de se lamenter ? De toute façon, on ne peut éviter la tristesse, la solitude, la peur, les ruptures, la nostalgie. Alors, quand les soucis s'accumulent, Eric n'y pense plus, et persiste à croire que demain, tout s'améliorera, que nos problèmes s'estomperont avec le temps et quelques bonnes bières. Le ciel retrouvera alors son bleu originel, les animaux gambaderont dans la foret verdoyante, la pollution disparaitra en un instant, l'humanité toute entière deviendra sage et trinquera au bonheur, à la joie, à l'amour. Je vous l'accorde, c'est assez simpliste et donne l'impression d'être tiré d'un conte de fées, mais Eric arrive à y croire. Il est le candide de Voltaire, en plus alcoolique. Un Winnie l'Ourson qui traine dans les bars.
lundi 19 octobre 2009
Mardi 20 Octobre
Lundi 19 Octobre
dimanche 18 octobre 2009
Dimanche 18 Octobre
samedi 17 octobre 2009
Samedi 17 Octobre
vendredi 16 octobre 2009
Vendredi 16 octobre
jeudi 15 octobre 2009
Jeudi 15 octobre
mercredi 14 octobre 2009
Mercredi 14 Octobre
mardi 13 octobre 2009
Mardi 13 octobre
lundi 12 octobre 2009
Lundi 12 Octobre
Je repense sans arrêt à Damien. Non pas que sa petite moustache fine ait réveillé ma libido, mais je me questionnais, comment ce garçon clairement ordinaire était devenu un insatiable globe-trotter. Quel a été l'élément déclencheur qui a fait que ce lycéen qui ne venait pas à nos soirées parce que c'était trop loin décide comme d'une envie de pisser d'aller au Pérou ? Je n'ai pas osé lui demander. J'aurais du.
Sinon, en me relisant, je me suis rendu compte que vendredi dernier, j'ai cité une chanson d'un film de Walt Disney pour argumenter mon point de vue. Certains mentionnent Descartes, Malraux, Socrate, Sartre et même BHL, moi je cite le livre de la jungle. Soyez prévenus : Mes prochaines citations seront de Jean-Claude Van Damme, Steevy Boulay, Shrek, Plus belle la vie et Lorie.
dimanche 11 octobre 2009
Dimanche 11 octobre
Je rencontre sur le quai, de la gare Part-Dieu, Damien, une vieille connaissance du lycée. Il y a quelques années, nous étions dans la même classe : nous n'étions ni les meilleurs amis du monde, ni ennemis, seulement deux personnes qui se connaissent de nom, mais qui s'oublieront très vite. D'ailleurs, je ne me souvenais plus de lui, et je ne l'ai pas reconnu quand il a hélait mon nom avant que je n'entre dans le train.
Je n'ai jamais rejoint ma place, Damien m'a invité à boire au bar du TGV : il m'offre un verre de Carlsberg, probablement la meilleure bière du monde (enfin c'est ce qu'on peut lire en anglais sur l'étiquette de la bouteille). Depuis le lycée, beaucoup de choses ont changé, surtout pour lui. Damien est devenu une sorte de débrouillard informaticien bac+2, au look alter mondialiste : pull à capuches vert pomme un peu trop mure, barbe d'une semaine, dreadlocks récemment coupés, pantalon ample,il ne porte pas de montre et ne possède même pas un Iphone. Damien parle toujours beaucoup, et fait involontairement ressurgir des souvenirs que je pensais perdu à jamais. Son sujet de prédilection ? Les voyages. Damien a parcouru l'Amérique du Sud, traversé le Chili de haut en bas, la Russie de l'ouest en est, l'Europe de la méditerannée à la mer Baltique. Il a aussi travaillé quelques mois dans un laboratoire en Inde, étudié en Espagne et en Italie et cherche à repartir à l'étranger dès que possible.
"Et toi, Stéphane, tu as visité quel pays cette année ?". "Moi ? Je suis resté en France, à Rennes et à Paris, une semaine dans le sud près de la frontière espagnole, mais, je n'ai pas eu le temps d'aller en terre ibérique !". Je ne m'étais pas rendu compte que je n'étais plus sorti du territoire depuis des années, lors d'un voyage en Belgique avec Eric. Et quelque part, j'avais honte, surtout face à Damien, d'être autant casanier.
samedi 10 octobre 2009
Samedi 10 Octobre
J'invite Eric dans une brasserie, histoire de boire autre chose que de la bière bon marché ce week-end. Je prends une Kriek, lui commande une Hoogarden. Ma bière, aromatisée à la cerise, apporte un gout fruité à mes papilles et me rafraichit l'esprit. Eric avale quasiment d'une traite sa pinte, s'essuie les lèvres avec sa manche gauche et dérobe discrètement un sous-bock Guinness, qu'il dépose dans la poche de son manteau. Le morceau de carton circulaire rejoindra bientôt les cinquante autres épinglés sur le mur de son salon.
-"Tu te pourris la vie avec cette gonzesse, envoie la chier"
-"J'n'y arrive pas, et même si je ne l'aime plus, je pense à elle constamment"
-"Tu te prends la tête pour rien mon gars, passe à autre chose"
-"J'en ai conscience. Mais je ne sais pas comment faire pour l'oublier"
-"C'est facile : Efface la de tes contacts, jette à la poubelle tout ce qui te fait penser à elle, drague et baise des inconnues, pleure un bon coup seul dans ton lit, saoule toi à en gerber, fais la sortir de toi quoi ! "
En effet, j'ai bu à en vomir. Mais pas de chance, malgré ma bonne volonté, elle restait toujours en moi.
vendredi 9 octobre 2009
Vendredi 9 octobre
jeudi 8 octobre 2009
Jeudi 8 Octobre
mercredi 7 octobre 2009
Mercredi 7 Octobre
mardi 6 octobre 2009
mardi 6 octobre
"Bonjour,
Suite à notre entretien dans vos locaux, vous avez souhaité en savoir plus sur le produit XXXX. Malheureusement, je n'ai pas trouvé réponses à vos questions ma foi fortes intéressantes, en particulier celle sur l'origine du nom du produit, comme si j'en savais quelque chose. Allez, vous m'êtes sympathique, je vais vous faire une petite confidence : ce matin, je me suis assis en face du PC, j'ai joué au solitaire, et j'ai gagné deux fois, puis j'ai surfé sur le net, j'ai regardé les derniers VDM ... pour tout vous dire j'en avais absolument rien à foutre de votre cas ! Mais à un point ! J'avais branché l'ipod sur le dernier album de Muse, que je vous conseille d'ailleurs, j'étais bien, loin de ce monde auquel vous appartenez ... J'espère que vous ne m'en voudrez pas de ne pas vous envoyer rapidement plus d'informations sur le produit XXXX, de toute façon, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure qu'il ne vous intéressait pas.
Cordialement"
Après ce bref instant de jouissance, je me suis contenté de rester dans la masse, de ne pas faire de vague :en un clic de souris le message est parti à la fois rejoindre la poubelle d'outlook et les méandres de ma frustration.