Costume noir, cravate marron, chemise bordeaux : je ne me reconnais pas. Ce boulot est en train de me transformer. J'ai rendez-vous dans une grande entreprise (que je ne peux évidemment pas citer) avec un manager en informatique responsable sécurité, qui a accepté de découvrir, ouvrez les guillemets, "nos offres découvertes pour les professionnels". Ce charabia bureaucratique m'énerve : je dois mettre en avant "notre produit", son incroyable "modularité" (bien meilleures que celle de nos concurrents), son "interface user-friendly"(très facile d'utilisation pour les vieux de la boite) et évidemment "son coût ridicule pour un produit de la sorte" (surtout si l'on compare avec nos concurrents). Je récite ma leçon apprise pendant ma semaine de formation, sans comprendre la moitié des mots que j'emploie, mais tant que mon interlocuteur sait de quoi je parle, ça me va. A la fin de mon monologue, il me pose des questions techniques auxquelles je ne sais évidemment pas répondre, je m'engouffre dans une sortie de secours : "je vous enverrai un mail demain avec toutes ces informations". Je souris, je sers des mains. Ma marque de fabrique : avant de partir, j'apostrophe mon client pour lui raconter une petite blague, niveau carambar ou Bigard, selon le degré d'humour que possède mon client. C'est triste, mais c'est toujours celle de la femme qui se fait enculer par surprise qui fait le plus rire.
lundi 5 octobre 2009
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