jeudi 15 octobre 2009

Jeudi 15 octobre

Petit repas entre colocataires. Depuis que Sarah est revenu en France, Arnaud et moi subissons quotidiennement ses conversations moitié en français, moitié en espagnol. "Ola ! Qué tal ?", "Muchas Gracias", ""El queso, por favor". Partager le diner avec elle est insupportable, elle m'énerve ! Je fixe mon plat de pâtes, le regard vitreux et la bouche entrouverte, en attendant que le brouhaha imposé par Sarah s'éloigne. Arnaud n'affiche lui aucun sentiment, tel un joueur de poker concentré sur son jeu. Je me demande si, est-ce qu'à l'intérieur de sa tête, ça chauffe, ça bouillonne, ça explose ? Ne crève-t-il pas d'envie, tout comme moi, de lui hurler à la figure : "Mais tu vas fermer ta gueule, putain ! On ne peut pas bouffer tranquille, pour une fois, sans que tu nous casses les couilles ? " Je suis un homme franc et charismatique, qui dit tout haut ce qu'il pense, sans se soucier des conséquences. Mais seulement dans mon imagination. En réalité, je suis un pleutre qui sait parfaitement se faire oublier.

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