dimanche 25 octobre 2009

Dimanche 25 Octobre

Hier, debout devant le bar, j'examinais les passants et ainsi découvrir qui serait donc mon rencart mystère. "Pourvu que cela ne soit pas cette fille gothique, à la peau couleur aspirine. Par contre, cette petite brune qui s'approche vers moi, je lui caresserais bien les fesses", pensais-je. Plus cette dernière s'approchait, et plus elle me disait quelque chose. Sa démarche ne m'était pas inconnue, son visage devenait familier à chaque pas qu'elle faisait. Ses yeux étaient du déjà-vu, ces seins du déjà-peloté.

"Salut Stéphane, ça va depuis le temps ?"

"Ah salut Clara ! Je ne m'attendais pas à te voir ... aussi ... aussi ... belle".

Elle riait, son sourire n'était pas forcé, ses dents blanches étaient si brillantes que toutes les lumières de la rue donnaient l'impression de s'y refléter. Ses yeux étaient toujours aussi noirs, sa silhouette avait gardé toute sa finesse, sa fine cicatrice au-dessus de sa joue droite, aussi sexy qu'un grain de beauté, était toujours là, comme pour prouver que le temps n'avait eu aucun effet sur ce qu'il me plaisait physiquement chez elle. Nous nous sommes rencontrés la première fois à nos dix-neuf ans, dans une soirée entre nouveaux étudiants à Rennes. A cette époque, je ne me saoulais pas à chaque fois que j'en avais l'occasion, je restais sobre en soirée et obsédé par l'idée de baiser avec une fille. J' y ai rencontré Clara, on s'est retrouvé assis, par hasard, l'un à côté de l'autre. Elle a parlé la première : "tu connais quelqu'un ici ?". Deux jours plus tard, j'ai fait avec elle l'amour pour la troisième fois de ma vie. Pour Clara, étonnamment, ce fut sa première. Notre histoire n'a pas marché, ou plutôt, je ne voulais pas d'une relation sérieuse, enfin, pas tout de suite. On s'est séparé au bout d'un mois, et on s'est retrouvé plusieurs fois pour un coup d'un soir (elle a été ma première fucking friend), on s'est perdu de nouveau quand elle a changé d'école, il y a plus d'un an. Et là voilà qui réapparait, quand je m'y attendais le moins. Deux heures plus tard, dans l'ascenseur qui menait à son appartement, je lui sussurais dans l'oreille : "j'ai envie de toi.". Visiblement, si l'on suit la trajectoire de sa main droite, elle aussi.

Je me suis réveillé dans son lit ce matin, vers neuf heures : elle dormait profondément, je n'ai pas voulu la réveiller. Habillé comme hier, je suis sorti sans l'embrasser sur la nuque, sans lui laisser un petit mot collé sur le frigo, et tout ça sans aucun remord. Dans ma tête, j'ai toujours dix-neuf ans.

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