jeudi 12 novembre 2009

Jeudi 12 Novembre

Je suis parti directement après le travail chez Clara. Le métro ligne 9, changement à la station Trocadéro, puis encore 20 minutes à patienter entre l'odeur de transpiration du voisin et les mendiants qui ont besoin d'être dépannés d'un euro ou d'un ticket restaurant, cela pourrait les aider à manger et à nourrir leurs familles de cinq enfants, merci, merci, merci et merci et bonne journée. Le métro s'est arrêté à une station en extérieur, j'en ai profité pour prendre une bonne boufée d'air frais pollué de la capitale. Après quelques minutes de trajet à pied, j'ai sonné à l'interphone, j'ai ouvert puis j'ai monté les cinq étages à pied, j'ai tapé à la porte et je suis dans le petit appartement parisien. Clara, allongé sur son lit,tenait dans sa main droite un mouchoir, servant à essuyer le mélange de mascara et de larmes dégoulinant de ses yeux. Visiblement, elle pleurait à cause de moi.

"Stéphane ... on doit parler."

"Je préfère pas".

"Si. Ca ne peut plus durer, cette situation."

Je m'énervais, j'haussais le ton de ma voix.

"Mais pourquoi ? C'est très bien comme c'est en ce moment ! On ne se prend pas la tête, on se voit on discute, on couche ensemble, et puis voilà."

Clara reniflait, se cachait les yeux pour pas que je ne la vois pleurer.

"Non. Je ne veux plus."

"Tu fais un caprice de gamine ..."

"Mais j'ai envie d'une vraie relation tu comprends ? Pas juste baiser, je veux des sorties au ciné, des mots doux, rencontrer tes amis et te découvrir, toi, qui est si mystérieux. Je veux que, petit à petit, on apprenne à s'aimer."

"C'est pas ce que je recherche."

Clara a pris une pause, elle alternait les reniflements et les pleurs cachés dans son mouchoir plein de morve. Elle était pathétique. Je voulais partir, loin d'ici, m'enfuir de ce moment pitoyable.

"Ecoute Stéphane, je vais être clair. Soit on continue et on fait tous les deux des efforts, soit on arrête."

"Dans ce cas, je préfère qu'on arrête maintenant."

J'ai repris mon manteau que j'avais à peine eu le temps de poser sur le fauteuil de son bureau. J'ai ouvert la porte, quittait Clara et son appartement, j'ai marché quelques minutes sous un ciel menaçant, j'ai attendu le prochain métro, j'ai écouté l'accordéoniste du métro, j'ai raté ma correspondance à la station Trocadéro, j'ai patienté pendant qu'un couple s'embrassait goulument sur le siège à côté, j'ai toujours pas donné d'argent au clochard qui faisait la manche dans la rame, je suis arrivé chez moi, j'ai bu une bière à la santé de mon célibat, et j'ai éteint mon téléphone pour ne pas me faire réveiller cette nuit par un quasi-probable texto de Clara.

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