lundi 23 novembre 2009

Samedi 21 Novembre

Le vin rouge m'est synonyme de mal de tête, le blanc me fait oublier, le rosé me rafraichit la gorge. Le piste me rappelle mon enfance, lorsque ma grand-mère me servait pour l'apéritif à chaque fois un sirop d'anis. Le soho me dégoute, le whisky rend mon haleine affreusement nauséabonde, le cidre doux me réveille le palet, la bière me procure un sentiment de force et de confiance en moi, mais en contrepartie me fait pisser des hectolitres. Le panaché ne mérite pas d'être dans cette liste, tellement il ne me fait aucun effet. Le rhum me rend impulsif et soupe au lait, l'absinthe totalement amorphe, tandis que la vodka enjolive ma vision des choses et me rend joyeux et optimiste comme l'est Eric quand il philosophe.
Justement, en parlant d'Eric. Nous avons passés une soirée exceptionnelle ensemble, de ce dont je me souviens. Après plusieurs haltes dans les bars du centre-ville, Eric a pris une pause et s'est endormi sur une table de billards, devant les clients abasourdis. Il s'est réveillé quelques minutes plus tard, quand il a entendu que juste à côté de lui, je discutais avec deux nanas que l'alcool rendait étonnamment belles. Notre manière de réagir face à notre haut taux d'ébriété les amusait, elle se moquait de notre démarche et de nos nombreuses hésitations lorsque nous parlions.
Tout se passait bien, nous avions décidé de les raccompagner jusqu'à chez elle, dans l'idée de faire plus que de les laisser devant le pas de leur porte.
Et puis Eric a laissé échappé sa main sur les fesses de la plus blonde des deux filles. Cela n'aurait pas causé de problème s'il n'avait pas pincer aussi fort, et qu'elle n'avait pas sursauté en poussant un "aie !". Cela serait peut-être encore mieux passé s'il n'avait pas rajouté : "Ces petites fesses fermes méritent d'être prises en levrette. Tu es partante ?"
Eric ne s'y attendait pas, mais il s'est pris une gifle tellement mémorable, que j'en pleurais de rire. Les deux filles s'échappèrent sans dire un seul mot, Eric, incapable de la rattraper, lui criait : "Mais je déconnais, connasse !".
Nous nous sommes assis sur le banc le plus proche, j'ai proposé une cigarette à Eric qui l'a immédiatement accepté. Nous nous sommes regardés dans les yeux, et sans trop savoir pourquoi, nous avons ri, longtemps. Nous étions heureux de faire partie de cette génération de jeunes et cons.

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