samedi 26 décembre 2009
Jeudi 24 décembre
Je suis nostalgique du temps où je faisais ma liste au Père Noël. Lors de cette époque qui me parait aujourd'hui si lointaines, mes désirs étaient matériels et réalisables : je voulais, selon l'âge, une console de jeux, un kit de construction lego, des bandes-dessinées, des mangas, une voiture électrique, un ballon de football, des cds, des cassettes VHS de mes films cultes, un camion de pompier, une montre à quartz, de ce dont je me souviens. Et puis, j'ai grandi, et petit à petit, le père Noël, puis ma famille, n'ont plus su m'apporter ce que je désirais le plus, mes désirs sont devenus irréalisables : une fille qui se dénude pour moi, ma liberté, de l'amour, du bonheur en me levant le matin, une carotte dans laquelle croquer à pleine dents, de l'aventure, de l'action, de la nouveauté, du romantisme et de l'optimisme, de l'empathie et de l'altruisme, l'espoir d'une vie meilleure, partager la vision candide du monde d'Eric, fermer les yeux sur ce qui m'effraie, la mort, la maladie, le mauvais temps, la solitude. On devient adulte le jour où l'on comprend que peu de nos désirs deviendront réalités. C'est beau, je devrais faire encadrer cette phrase, l'afficher dans ma chambre, et quand un visiteur me demanderait : "Oh, tu as imprimé une jolie citation, c'est de qui ? Oscar Wilde ?". Je répondrai le plus naturellement possible : "Non, de moi". La grande classe.
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