Clara m'a de nouveau invité à la revoir, mais cette fois-ci, pas chez elle, au cinéma. Elle m'a proposé de voir "Away we go", un film américain que je pensais chiant (en fait non), avec des acteurs inconnus et une absence d'effets spéciaux : quitte à payer dix euros sa place de ciné, autant en prendre plein les yeux et les oreilles dans un block-buster américain, comme celui du moment, "2012". Mais nous étions loin d'être du même avis, alors je l'ai laissé choisir, pour éviter une dispute stupide.
Le héros charme le public par sa tendre maladresse, Clara me serre fort ma main, je ne refuse pas ce contact doux et chaud. Elle me surestime, c'est évident : elle me prend pour un type bien, ou peut-être comme un mec comme les autres qu'elle voudrait modeler, rendre meilleur, une version améliorée de moi, en plus attachant, plus câlin, beaucoup moins distant, et amoureux.
J'ai passé le reste de la séance ma main sur la sienne, à balader mes doigts entre ses phalanges et à les perdre sous sa paume. Même ses mains sont d'une beauté rare. J'aimerais tomber amoureux d'une fille comme elle, mais je n'y arrive pas. J'ai ce raisonnement égoïste, ou altruiste, tout dépend du point de vue, que je ne veux pas souffrir et la faire souffrir.
J'ai finalement été intéressé par le film, qui reflète une vision de l'amour parfaite, tellement sublime qu'elle ne peut qu'exister dans une salle de projection. Et dire que Clara y croit. Là où est son malheur, c'est qu'elle espère le même genre d'histoire, mais avec moi.
jeudi 3 décembre 2009
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