Soigner le mal par le mal, ingurgiter de l'alcool à la place d'un bon vieux sirop contre la toux. La méthode à l'ancienne, celle qui préconisait le grog avant les pilules et les cachets effervescents. J'ai commencé par un petit verre de vodka cul sec à la maison, pour nettoyer mon organisme et me donner du courage avant d'affronter le froid sibérien qui règne à l'extérieur. Quarante minutes de trajet plus tard, me voilà en centre-ville, à la recherche d'un bar potable, plutôt simple mais à l'ambiance tamisée, avec un fond sonore supérieur à 80 décibels, pour que personne de féminin ne remarque que j'ai la voix bien prise.
Je m'installe au comptoir, je ne perds pas mes habitudes. A ma gauche, deux jolies brunes, chapkas, écharpes grises et manteaux noirs posés sur un tabouret à leur gauche, qui ne se soucient en aucune manière de mon existence. A ma droite, un brouhaha de filles qui minaudent et de garçons qui ne savent plus comment se faire remarquer. Je bois ma bière à petites gorgées, j'observe le spectacle aux alentours, la décoration horriblement kitch (les murs étaient tapissés de motifs immondes), le serveur hyper-actif, les différentes bières affichés sur les tirettes, et les deux filles qui n'avaient toujours pas remarqué que je les jugeais de haut en bas.
J'étais suffisamment proche d'elles pour entendre des bribes de leur conversation : pour faire simple, les hommes sont tous des cons, ils n'assument pas leurs actes, ils ont peur de s'engager. J'ai pensé très fort : "Mes pauvres chéries, si ce n'était que ça. Ils sont aussi obsédés, égoïstes, arrivistes, solitaires, casaniers, coureurs de jupon, bref, ils sont humains." Je me suis approché d'elles sans me lever de mon tabouret, et je leur ai dit : "Excusez moi de vous déranger, mais, si la quête du mec parfait était simple, la vie aurait beaucoup moins de saveur, non ?". Elles auraient pu sans problème me remballer, froncer les sourcils et me répondre "Mais de quoi je me mêle ?", mais non, elles m'ont regardé en souriant malicieusement, et l'une d'entre elles, la plus jolie, me demanda : "Ça tombe bien, on a besoin d'un avis masculin sur nos cas." Et ça tombe bien, j'ai besoin de compagnie pour ce soir.
mardi 12 janvier 2010
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