mardi 19 janvier 2010

Lundi 18 Janvier

Je suis rentré chez moi comme à mon habitude, vers 19 heures. Arnaud et Sophie, assis autour de la table basse, m'attendaient impatiemment dans le salon. A peine ai-je eu le temps de poser mon manteau qu'ils m'ont littéralement sauté dessus : "On l'a eu ! On l'a eu ! On l'a eu, notre super appartement !".
Mon petit couple adoré passait depuis quelques semaines leurs soirées et week-ends à visiter des logements, dans des banlieues résidentielles ou en centre-ville parisien. Ils en ont vu, des salons mal éclairés et mal insonorisés, des meublés sales et pouilleux, des salles de bains miteuses, des toilettes dégueulasses, des coins mal desservis, des studios aux septième étage sans ascenseur.
Et puis vendredi, ce fut la révélation : ce n'était qu'une visite parmi tant d'autres dans une banlieue proche, mais ils en sont restés bouches bées. Cela a été instantanément le coup de foudre, et pour tous les deux (une sorte de double coup de foudre en quelque sorte) : proche du métro, avec un très grand salon, dans lequel Arnaud imaginait son coin télévision/console, une chambre parfaitement bien aménagée, dans laquelle Sophie rêvait déjà de décorer les lieux. Ils ont insisté pour avoir l'appartement le plus vite possible, ils ont appelé le propriétaire des dizaines de fois en trois jours, ils ont fourni les garanties et les papiers administratifs à une vitesse record. L'appartement ne pouvait pas les échapper.
Et il y a quelques minutes de cela, le propriétaire leur a confirmé qu'ils étaient bien les futurs locataires des lieux. Il est bien loin le Arnaud qui avait des doutes sur son avenir, sur la peur de s'engager : il était souriant jusqu'aux oreilles, j'ai même cru apercevoir une petite larme ruisselant le long de son oeil gauche.
Arnaud a ouvert une bouteille de vin qu'il gardait pour l'occasion, on a fêté l'officialisation de son départ comme il se devait. Sarah nous a rejoint, et les a félicité chaudement. "Vous allez me manquer", leur a-t-elle répété plusieurs fois. "Je vous souhaite tout le bonheur que vous méritez."
Les voilà maintenant unis par les liens sacrés de la collocation, pour le meilleur et pour le pire. Le premier pas d'une, je l'espère, longue et heureuse histoire.

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