dimanche 31 janvier 2010

Mercredi 27 Janvier

J'ai tenu la main d'Aline jusqu'à l'appartement, je l'ai lâchée pour y chercher mes clés dans la poche de ma veste. Elle a enroulé ses bras autour de ma taille, m'a poussé contre le mur en bas de mes escaliers et m'a embrassé passionnément. J'aime les filles entreprenantes,celles qui me montrent ce qu'elles veulent, ce qu'elles ressentent, celles qui attaquent, qui ne se retiennent pas, celles qui agissent, qui n'hésitent pas à se lancer, qui n'ont pas peur de l'échec. Nous sommes entrés à l'intérieur, nous avons posés nos vestes sur le porte-manteau, j'ai attrapé de nouveau sa main et nous nous sommes dirigés vers ma chambre. J'ai allumé la lumière, et, en un instant, mon monde s'est écroulé tel un château de cartes. La joie qui nous avait jusqu'alors envahi, a laissé place au dégout, à la honte, à l'irrespect, au mensonge, à la tromperie. Sarah m'avait promis qu'elle ne dormirait plus jamais dans mon lit, visiblement elle m'avait menti. Son corps entièrement nu, ses fesses blanches rebondies, ses cheveux qui tombaient sur sa nuque, ses seins aplatis contre le matelas, cette magnifique créature que j'avais su apprécier en temps voulu, a détruit tout ce que j'avais entrepris avec Aline. J'ai baissé ma tête, posé ma main devant mes yeux, espérant que ce spectacle n'ait jamais existé.
Sarah me dit d'une voix suave, sans se retourner, et donc sans remarquer la présence d'Aline : "Ah, Stéphane, je m'impatientais. Viens me rejoindre s'il te plait, j'ai envie de toi contre moi". La blessure venait à peine de s'ouvrir qu'elle y jetait des poignées de sel dessus. Dans ce cas là, face à l'évidence, comment faire croire à sa bien aimée que tout ce que j'avais dit était vrai, que j'avais été honnête et sincère, que ma colocataire m'avait piégé, que j'étais peut-être déjà amoureux d'elle. J'ai essayé de la retenir par le bras gentiment, mais à sa place, je me serais tellement senti bafouée et humiliée. Aline s'est enfuie de l'appartement et m'a claqué la porte au nez, je l'ai suivi quelques mètres dehors, je ne savais plus quoi lui dire pour qu'elle arrête de pleurer, elle me plaisait tellement, je voulais absolument pas la perdre, j'ai tout tenté. Elle s'est arrêtée quelques mètres plus loin et m'a dit, des sanglots dans la voix : "Mais pourquoi tu as tout foutu en l'air ? Pourquoi ? Je croyais que tu étais bien, je me suis encore fait avoir, putain, mais j'en ai marre ! Vous êtes tous les mêmes, sans exception, tous des connards qui pensent qu'avec leur bite ! "Je me suis rapproché d'elle pour la serrer dans mes bras, elle m'a repoussé fermement. Elle a conclu notre discussion par cette phrase, qui résonne encore en moi : "Je ne veux plus jamais entendre parler de toi. Maintenant, laisse moi, sors de ma vie."
Je ne l'ai pas empêché de partir. Je suis retourné chez moi en trainant des pieds, j'ai rejoint Sarah, qui entre temps, s'était rhabillée et m'attendait sagement au salon.
Je la regardais, j'étais plein de haine, je me retenais pour de pas devenir violent et incontrôlable : "Mais, pourquoi tu as fait ça ? Pourquoi tu as détruit mon couple ? J'avais des sentiments pour elle, putain !". Je criais, j'étais menaçant. Sarah prit son temps pour me répondre : "Et moi, je n'avais pas des sentiments pour toi, peut-être ? C'est toi qui est venu me draguer, avec tes fleurs, c'est avec toi que j'ai passé mes dernières nuits d'amour. Cela ne me dérangeait pas que notre relation ne soit pas montré au grand jour, mais pour moi, ça restait du sérieux."
Si je m'attendais à cela. Elle était calme, assise sur le canapé, sereine même. J'étais, au contraire, estomaqué par ses propos : "Si je comprends bien, tu as fait ça pour essayer de me reconquérir ?"
Elle ria bêtement : "Non non, je n'ai plus envie. C'est juste que je n'aime pas qu'on me prenne pour une salope : on était ensemble tous les deux, et puis un jour tu me sors que tu as une copine sérieuse ... et moi je suis quoi alors, un bouche-trou ? Je méritais plus de respect que cela. J'ai été blessé, et voilà, maintenant je me suis vengé, on est quittes."
Quand je ne sais pas quoi répondre lorsque je me sens agressé ou en position de faiblesse, j'insulte à tout-va. Je l'ai traité de tous les noms, j'étais exaspéré, abattu. Elle est partie dans sa chambre, sans me dire au revoir. Je me suis dirigé vers la mienne, j'ai immédiatement écrit plusieurs textos à Aline pour encore m'excuser, et lui dire tout le bien que je pensais d'elle, lui raconter ce qu'il venait de se passer avec Sarah et le piège qu'elle m'avait tendu. Je ne voulais pas m'endormir tant qu'Aline ne m'avait pas répondu. J'ai passé une très longue et difficile nuit blanche, des regrets pleins la tête.

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