Aline dormait paisiblement ce matin, j'ai essayé de ne pas la réveiller, je suis sorti du lit, et je lui ai préparé le petit-déjeuner. J'aurais aimé lui faire quelque chose de spécial, du bacon grillé, une omelette ou des oeufs à la coque, mais mon frigo était désespérément vide. J'avais l'air ridicule quand je suis entré dans la chambre, avec mes verres de jus d'orange et mes deux bols de chocapic ! Elle a levé la tête et a ouvert difficilement les yeux. Aline a éclaté de rire quand je lui ai tendu le bol de céréales, elle m'a dit qu'elle aurait préféré des Frosties. S'en est suivi une discussion sur la masculinité des Frosties (qui s'adresse typiquement à un public de jeunes garçons sportifs), l'importance du cadeau surprise contenu à l'intérieur qui compte bien plus que le goût des céréales et bien sur le fait qu'on lit ce qu'il y a sur le derrière et les côtés de la boîte, et cela tous les matins sans exception.
Je suis parti prendre une douche, la laissant seule dans le lit. Je lui ai proposé qu'elle fasse comme chez elle, qu'elle ne se g_ne pas si elle veut aller sur Internet ou lire n'importe quel livre. Elle me souriait et m'a demandé de revenir vite.
A mon retour, Aline, assise à mon bureau, était beaucoup moins jovial : elle avait trouvé le ticket de métro, sur lequel était marqué le numéro de téléphone de l'inconnue du wagon, suivi d'un large coeur. Je l'avais laissé en évidence sur mon bureau, sans même avoir pensé une seule seconde qu'il aurait mieux fallu que je le cache.
"Qui est cette Marie ?", m'a-t-elle demandé.
Et je n'ai rien eu de mieux à répondre que : "Oh rien, c'est juste une fille qui m'a donné son numéro l'autre jour." J'ai essayé de me rattraper : "Mais c'était avant qu'on se connaisse, donc ça ne compte pas, pas vrai ?". Aie aie aie.
J'ai eu droit à un long monologue, que je peux résumer en ces quelques phrases : ses ex-copains l'ont toujours déçu, certains l'ont même trompé, elle devrait arrêter de faire confiance aux hommes, qui sont tous des obsédés et qui ne cherchent qu'à plaire à un maximum de filles en même temps, et qui ne font rien pour stabiliser les relations amoureuses. Elle n'a pas franchement tort, sauf que je ne faisais plus partie de cette catégorie de personnes : je veux sincèrement que cette relation fonctionne. Je lui ai fait comprendre que Marie n'existait plus pour moi, que je ne l'avais jamais appelé et que je ne l'appellerai jamais. J'ai fini par lui dire : "je suis bien avec toi.". Une petite heure plus tard, elle est retournée chez elle, sans que je ne sache vraiment si elle était énervée ou si elle s'était comportée jalousement uniquement pour tester mon attachement envers elle.
dimanche 24 janvier 2010
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