lundi 4 janvier 2010

Vendredi 1er Janvier

Pour commencer l'année, je pourrais raconter comment nous nous sommes moqués de Rémi et de son absence d'intelligence, comment Alexandra encourageait Eric à faire n'importe quoi, comment Eric a vomi sur une gargouille qui surplombait l'entrée, comment j'ai réussi à faire croire que j'étais le digne héritier d'une noble dynastie à deux pauvres filles aussi blondes que stupides.
J'aimerais plutôt parler de Sara : elle était tout aussi perdue que moi, dans cette foule de jeune gens BCBG qui riaient de vive voix une coupe de champagne à la main. Ses yeux étaient aussi bruns que les miens, ces cheveux rebondissaient sur ses épaules, elle avait un petit grain de beauté sur le coin gauche nez, je suis tombé immédiatement sous le charme. J'ai surpris une larme se dandinait le long de sa joue, ce fut ma raison, mon accroche pour venir lui parler : "Ne sois pas triste, ne pleure pas, il paraitrait qu'il faut être optimiste dans la vie, enfin, c'est ce qu'on m'a dit !" Elle a essuyé sa larme, et m'a répondit avec un accent doux et tellement mignon : "pardon, je n'ai pas compris. Je suis espagnole, je ne comprends pas tout le français." Elle m'expliqua qu'elle s'était faite opérer de la myopie, et que les larmes n'étaient que les effets secondaires de son opération chirurgicale. Elle me souriait, ne voulait pas brusquer cette histoire, me parlait de ses études en Erasmus, de sa ville d'adoption, Madrid, qu'elle aimerait quitter pour Valencia, sa ville natale. J'était tombé amoureux de ses yeux, je voulais me réveiller le lendemain auprès d'elle, et les voir s'ouvrir petit à petit à mesure que le jour se lèverait. Putain, ça y est, je redeviens romantique ! Sara a presque la trentaine, mais elle garde un charme ahurissant : c'est simple, je pensais, à la simple vision de ses fesses, qu'elle était plus jeune que moi. Une question me venait à l'esprit : est-ce que toutes les Sara, avec ou sans 'h' à la fin, ont des fesses qui nous feraient vendre père et mère pour simplement pouvoir les frôler de la paume de la main ?
Elle m'a dit, quelques instants, avant qu'elle parte : "Stéphane, il ne se passera rien ce soir. Avec moi, c'est sérieux et c'est tout. Mais si tu es vers chez moi, appelle-moi." Je repars dans moins de trois jours, je vais devoir agir vite.

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