samedi 30 janvier 2010

Lundi 25 Janvier

J'ai encore été convié à une réunion au boulot. Je suis là, je ne fais rien, je regarde par la fenêtre, j'observe l'agrafeuse au centre de la table et je me demande qui est, en ce moment, le plus inutile de nous deux. Puis je me mets à compter le nombre de moustachus, supérieur à celui des barbus, je joue avec mon stylo, que je fais virevolter autour de mon pouce gauche. Je m'ennuie, je m'ennuie, je m'ennuie. Le sommeil s'empare de moi, j'ouvre grand les yeux pour le faire fuir. Je suis dans l'incapacité de me concentrer, je n'écoute plus depuis longtemps, je me me perds dans mes pensées, je vois, Aline, heureuse et souriante, sa tête sur mon épaule, ma main sur sa jambe, la raccompagnant jusqu'à chez elle. C'est fou comme ces moments simples deviennent, petit à petit, chargés d'émotion. Je m'en veux un peu de n'avoir pas jeté ce ticket de métro, que je gardais comme un trophée, et qui l'a fait douter de ma sincérité, de mes sentiments.
J'ai peur que cette petite querelle ait de mauvaises conséquences, je ne le souhaite pas. Cet évènement a été le premier remous de notre histoire notre relation, qui était si idyllique, a perdu un peu sa naïveté : je suis loin d'être parfait, elle s'en serait rendue compte tôt ou tard, certes. J'aurais simplement voulu entretenir égoïstement ce conte de fées le plus longtemps possible.
Cédric me tape sur l'épaule, suffisamment pour que je ressente une légère douleur, puis me fait signe de son index, comme un instituteur à un élève turbulent, que mes soupirs et mes bâillements doivent immédiatement cesser. Il m'a brutalement ramené dans le monde triste et chiant des bureaucrates et était visiblement très énervé par mon absence d'intérêt pour cette énième présentation. Si l'enfer existait, nous ne serions pas éternellement brulés vifs mais plutôt assis autour d'une grande table, obliger de participer à ce genre de meetings soporifiques, sans que l'on puisse, d'aucune manière, s'y échapper.

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