Eric a changé. Je sais, il est facile de dire que les hommes qui se mettent en couple deviennent plus distants avec leurs amis. Et pourtant, c'est l'évidence même ! Combien de fois de soit-disant potes m'ont lâché pour une jolie demoiselle ? Combien d'entre eux ai-je vu doucement s'éloigner de ma vie ? Je ne compte plus depuis le lycée.
Eric, c'est un cas différent : il n'a été que très rarement accompagné, je lui laisse quelques semaines pour profiter du court bonheur que procure l'euphorie des débuts des histoires d'amour. On en reparlera en temps voulu, dans quelques semaines, quand les disputes seront plus fréquentes et la relation moins dégoulinante de sentiments.
En attendant, j'ai besoin de lui parler, de lui raconter Aline, sa poitrine, son charme, cette nuit follement romantique. Je l'ai appelé vers 19 heures, et je lui ai directement annoncé le début de ma nouvelle histoire avec la jolie petite brune rencontré la veille.
"Et tu vas la revoir ?", m'a-t-il dit, d'un ton sec.
"Je l'espère. Je l'aime bien, et je sens que, pour une fois, cela pourrait peut-être marcher !"
Eric était énervé, cela se sentait, je n'appelais manifestement pas au bon moment. "Ecoute Stéphane, je suis perdu avec toutes tes histoires de nanas. Tu en rencontres une, tu dis qu'elle est parfaite, et puis quelques jours ou semaines plus tard, c'est fini, et elle sort totalement de ta vie."
J'argumentais en ma faveur : "ce n'est pas vrai, tu le sais, j'essaye de faire toujours pour le mieux."
Eric : "Oui, surement, mais tu t'ennuies rapidement. Tu t'es lassé, avec plus ou moins de temps, des sous-entendus de Clara, des avances de ta colocataire, des contraintes imposées par la fille espagnole du nouvel an, de l'absence et l'ignorance d'Anna. Tu te souviens, que pour chacune d'elle, tu m'avais dit que tu le sentais bien ?"
Moi : "Jamais avec Sarah."
Eric : "Peut-être, c'est l'exception, si tu veux, ce n'est pas le problème. Ecoute, je te souhaite tout le bonheur du monde avec ta nouvelle copine, mais réfléchis à ce que je t'ai dit. Essaye d'y mettre du tien, pour que cela marche vraiment."
Eric n'a pas totalement changé : il est peut-être désormais collé aux basques de sa petite amie, mais il reste tout de même ma bonne conscience, celle qui fait chier à avoir toujours raison.
jeudi 14 janvier 2010
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